Catégories
Entrepreneuriat Uncategorized

Le choix de la forme juridique

Il existe un vaste panel de formes juridiques en France : vous êtes parti pour faire plouf-plouf au moment de choisir ? Ce choix aura pourtant des conséquences déterminantes sur vos contraintes, le fonctionnement et la fiscalité de votre entreprise. De ce fait, il est indispensable d’étudier dans le détail les caractéristiques afférentes à chaque forme juridique et si besoin, de vous faire accompagner par un expert-comptable.

Je ne vais pas revenir ici en détail sur les caractéristiques de chaque forme juridique, qui évoluent régulièrement et méritent donc d’être consultées au moment précis où vous créez votre structure. Je vais en revanche évoquer ce qu’on ne vous dira pas forcément dans le reste de la littérature entrepreneuriale.

Aline Vasseur, expert-comptable, a accepté de réagir à ce sujet qu’elle connaît bien.

  • Conseils quelle que soit la forme juridique

Plusieurs points de vigilance doivent être observés lors de la rédaction de vos statuts :

  • L’objet social : il correspond au périmètre d’activité de votre future entreprise et doit prendre en compte une projection plus large que vos seules activités à son lancement.
  • Le code APE : il vous rattachera à un secteur d’activité, ce qui aura des répercussions majeures sur votre image, le niveau de risque perçu par vos partenaires et la convention collective applicable.

Le code APE est déterminé par l’objet social, et en particulier les premiers mots de cet objet. Si le code APE n’est pas dans votre secteur, il faut demander à le faire changer, car les conséquences sont nombreuses, en particulier au niveau de l’assurance responsabilité civile et bien sûr pour déterminer la convention collective applicable à vos salariés.

  • Le capital social : il doit être proportionné aux investissements requis et à l’image que vous souhaitez renvoyer, et bien sûr être correctement réparti entre les associés.

Vous devez par ailleurs, dès la création de votre entreprise, anticiper la sortie idéale que vous envisagez à terme. Oui, oui, je parle bien de l’arrêt de votre activité. Quelle serait l’issue idéale pour vous ? Une vente ? Une transmission ? Une fermeture pure et simple ? Peu importe votre réponse, l’important est de rendre cette option possible et optimale, que ce soit d’un point de vue financier, opérationnel et fiscal. Cela fait partie des informations que vous devez partager avec votre expert-comptable pour qu’il vous propose des conseils adaptés à votre souhait au moment de votre création.

  • L’entreprise individuelle

Cette forme juridique est adaptée uniquement aux entrepreneurs qui se lancent en solo : il n’y a pas de logique de parts sociales pour répartir la propriété de l’entreprise entre plusieurs associés.

Les micro-entreprises ont été rattachées aux entreprises individuelles mais leur fonctionnement reste différent. En 2024, on comptait 4,2 millions de micro-entreprises en France, soit 96,1% des entreprises. La micro-entreprise est le nouveau nom donné aux auto-entrepreneurs, statut créé en 2008 par la loi de modernisation de l’économie. Une telle structure est fondée par une personne qui veut avant tout créer son propre emploi et travailler de manière autonome – ou pour certains, mener une activité économique annexe, en complément de son métier principal exercé en tant que salarié.

Ce statut est adapté à une activité qui requiert peu d’investissements et d’achats et dont l’ambition est limitée. Aucun jugement de valeur dans ces constats, simplement le cadre de ce statut définit la nature des activités éligibles et des plafonds de chiffre d’affaires. Une telle structure est simple à créer, mais nécessite un véritable suivi d’activité. En effet, il est composé de paliers et de seuils, différents pour les activités de service et de commerce, qui créent de nouvelles obligations à chaque franchissement : ouverture d’un compte bancaire professionnel, application de la TVA, régime fiscal différent, voire changement de statut. Il faut donc suivre son chiffre d’affaires mois par mois – et même jour par jour lorsqu’on approche les plafonds d’exemption de TVA – pour rester en conformité.

La micro-entreprise n’est pas recommandée lorsque les investissements sont importants : véhicules, locaux, salariés, puisque les charges ne sont pas déductibles. Attention aussi à l’année de passage à une autre forme juridique en cas de dépassement des plafonds, qui pose toujours des problèmes. Un bien acheté antérieurement ne sera jamais amortissable ou déductible par la suite.

  • Les sociétés

Là encore, je ne vais pas vous présenter les caractéristiques de chaque type d’entreprise, que vous retrouverez aisément sur Internet. Je me concentre ici sur les particularités qui ne sont que rarement explicitées.

La SARL est la structure la plus simple et efficace dans la plupart des projets. Si vous entreprenez seul, vous pouvez créer soit une SARL unipersonnelle, aussi appelée EURL, soit créer directement une SARL, même en cas d’associé unique : cela vous permettra d’ouvrir votre capital dans un second temps à d’autres associés, en réduisant considérablement vos formalités. En effet, la transformation d’une EURL en SARL nécessite peu ou prou les mêmes démarches que l’immatriculation d’une entreprise en création, après avoir réalisé une cession de parts.

La SAS – ou SASU en cas d’associé unique – est une autre possibilité, choisie par certains créateurs pour bénéficier d’une meilleure couverture sociale : cela induit assez logiquement des cotisations plus élevées. Ce choix est parfois fait par méconnaissance des règles applicables : en effet, l’assimilation au statut salarié des associés de SAS n’ouvre pourtant pas droit à l’ARE.

Les autres types de sociétés d’exploitation sont plus rarement retenues, soit parce qu’elles concernent des entreprises de plus grande taille (SA) soit parce qu’elles engagent indéfiniment et solidairement leurs associés face aux dettes de l’entreprise, y compris sur leurs biens personnels (SNC et ses déclinaisons).

Enfin, les SCI sont les structures idéales pour réaliser l’acquisition de biens immobiliers, que ce soit pour les exploiter ensuite soi-même avec une société d’exploitation ou pour réaliser de la location immobilière. Attention, toute autre activité est par principe exclue de son périmètre et vous ne pouvez donc facturer que des loyers et la quote-part de frais imputables aux locataires. Une SCI peut opter pour l’IS lors de sa création ou par la suite – et y sera soumise par défaut si son activité est considérée comme commerciale, comme en cas de location meublée. Ce choix a des impacts significatifs sur la fiscalité de la structure durant son existence et lors de la vente des biens, puisque le calcul de la plus-value est réalisé sur des bases différentes. Vous devez donc estimer la durée durant laquelle vous comptez conserver les biens et effectuer ensuite des simulations selon les règles applicables à l’IR et à l’IS, afin d’opter pour le régime le plus avantageux pour vous. Réalisez également des simulations en cas de revente anticipée pour avoir une idée de l’impact fiscal le cas échéant.

À noter qu’une SCI doit compter 2 associés minimum.

  • L’association

Vous n’y avez peut-être pas songé, parce que vous souhaitez créer une structure dont vous pourrez tirer des revenus. Mais qui a dit qu’une association ne pouvait pas rémunérer son dirigeant ? Certes, les règles sont strictes en la matière et vous devez avoir de petits besoins pour envisager ce schéma : si les ressources de l’association sont inférieures à 200 000 euros par an, votre rémunération sera plafonnée aux ¾ du SMIC. Si les ressources de l’association dépassent les 200 000 euros, là on passe à… 3 fois le plafond annuel de la sécurité sociale ! Allez comprendre… Une association peut par ailleurs embaucher des salariés, dont le salaire minimum est déterminé par la convention collective du secteur d’activité.

Dans le cas d’un achat immobilier loti dans une SCI, vous pouvez également louer le bien à l’association et tirer finalement vos revenus principaux de ces loyers.

… à condition d’être au prix du marché !

Le fait d’avoir un statut associatif vous ouvrira les portes de certaines institutions, l’accès à des aides et subventions locales spécifiques, à des locaux à tarif modéré et à des mises en avant voire à des partenariats avec des collectivités, qui n’adopteraient pas la même posture avec une société privée. Cela s’explique par leur peur d’être suspectées de favoritisme ou de prises illégales d’intérêts, et parfois par leur dogmatisme : certains organismes publics voient le privé d’un mauvais œil par principe – peu importent en réalité les services qu’ils rendent au collectif.

Le revers de la médaille du statut associatif est la lourdeur qu’il induit : il implique une gestion collective et de nombreuses obligations juridiques et administratives. Ce n’est clairement pas la forme la plus simple à gérer. Elle exclut bien sûr de réaliser des bénéfices et donc de sortir des dividendes, puisque l’association est par nature à but non lucratif. Il est également impossible de la vendre et donc d’en tirer un profit à terme.

Ce statut n’est donc pas la panacée pour monter un business, mais si vous vous engagez dans un projet d’ESS qui est parti pour rapporter très peu d’argent, ce peut être une solution pour limiter votre taxation et bénéficier de facilités de la part de vos partenaires publics. Vous pourrez toujours transférer l’activité de l’association à une entreprise dans un second temps – une transformation d’association en entreprise est en revanche impossible.

  • Les modèles coopératifs

En cas de projet ayant un véritable caractère d’utilité sociale, le montage d’une SCIC peut aussi être étudié. Sa principale spécificité est la configuration de son actionnariat, puisqu’il inclut trois groupes, à savoir les salariés de la structure, les bénéficiaires de la prestation et des associés relevant du droit public ou privé.

Enfin, la SCOP est pertinente lorsqu’il existe une véritable volonté d’impliquer les salariés de la structure dans sa gestion : ils doivent a minima détenir 51% des parts et 65% des droits de vote.

  • Le portage salarial

Le portage salarial consiste en un contrat tripartite entre une entreprise de portage, un salarié porté et des clients. Ce statut peut être appliqué selon des modalités variées : CDD ou CDI, forfait jours ou non… Tout le monde ne peut pas exercer en portage salarial : il faut pour cela répondre à des critères précis en termes de niveau d’études et d’ancienneté dans votre métier notamment.

Le portage salarial est fait pour une certaine catégorie d’entrepreneurs :

  • Ceux qui ont peur d’être submergés par la gestion de leur entreprise et souhaitent la déléguer – on parle ici de la facturation de vos clients et de vos bulletins de salaire, en sachant que ces derniers n’auraient pas lieu d’être si vous étiez à votre compte. La contrepartie de cette prise en charge consiste à verser environ 10% de votre chiffre d’affaires en frais de gestion à votre entreprise de portage.
  • Ceux qui ont du mal à mettre de l’argent de côté pour gérer la saisonnalité et les aléas de leur activité : vous recevez un salaire mensuel après paiement de vos cotisations sociales et d’une quote-part placée sur votre compte d’activité pour qu’elle vous soit versée durant vos périodes d’inter-mission (si vous le souhaitez). Votre rémunération est donc légèrement lissée dans le temps selon un schéma prédéfini.
  • Ceux qui veulent conserver une assurance chômage : vous cotisez pour cela, ce qui explique un taux de charges sociales plus élevé qu’en tant qu’indépendant ou gérant de SARL.

Comme n’importe quel entrepreneur, vous démarchez et négociez vos conditions avec vos clients : n’imaginez pas que votre entreprise de portage fera le travail de prospection à votre place. N’imaginez pas non plus que vous toucherez chaque mois une rémunération fixe : seul le fruit de votre travail reviendra dans votre poche, défalqué des frais, cotisations et réserves évoqués précédemment.

Le portage salarial a donc un coût financier significatif, sans assurer en retour une véritable garantie de salaire. Ce statut sera simplement rassurant en cas de transition du salariat vers l’entrepreneuriat si vous craignez le fossé entre ces deux statuts.

  • Le cas particulier des artistes et auteurs

Si vous souhaitez exercer une activité dans le domaine artistique, vous pouvez vous inscrire à la Maison des Artistes. Ce peut être votre rattachement principal, ou si vous avez déjà déclaré votre activité de travailleur indépendant, vous pouvez procéder à une adjonction d’activité.

Ce statut est très spécifique et comporte de nombreuses conditions et incompatibilités, qui méritent d’être étudiées avec attention.

  • Ne pas créer !

Et si votre projet consistait non pas à créer… mais à reprendre une structure déjà existante ?

Une telle opération comporte des risques quant à la sincérité de la présentation qui en est faite et quant à sa correcte estimation : ce sont des points à creuser et la moindre zone d’ombre mérite d’être éclaircie. Vous devez vous assurer que les actifs immobilisés existent et sont correctement valorisés, vérifier l’état des dettes… Bref, réaliser une étude approfondie des documents comptables, mais aussi des engagements contractuels (fournisseurs, salariés, clients, bailleur, prestataires…).

Sondage, enquête et recherches sont également de mise pour valider la réputation de l’entreprise. De même que de mesurer le risque de perte de clientèle, qui est d’autant plus élevé que le métier comporte une forte dimension émotionnelle et/ou de confiance et donc d’intuitu personae : la personnalité de votre prédécesseur tient à n’en pas douter un rôle dans la réussite de sa société.

Notons à l’inverse qu’une reprise comporte l’immense avantage que l’entreprise fonctionne déjà et que vous vous prémunissez d’une phase d’amorçage potentiellement longue et pénible. En outre, vous bénéficiez de la passation avec une personne expérimentée et qui a tout intérêt à ce que vous réussissiez… surtout si vous l’engagez dans un crédit-vendeur !

  • Conclusion

J’espère que vous trouverez cette conclusion savoureuse : le choix de la forme juridique est primordial, mais… il constitue l’une des toutes dernières étapes de l’élaboration de votre projet. Avant cela, vous devez savoir ce que vous allez faire, où, avec qui, avoir défini vos objectifs et votre ambition. De ce fait, ne commencez surtout pas par là…

Vous avez un panel à votre disposition pour créer du sur-mesure : n’allez pas trop vite pour choisir votre forme juridique. Il faut en discuter, laisser mûrir, ne pas se précipiter, au risque de le regretter ensuite. Toute modification coûte cher si on s’aperçoit trop tard que la solution adoptée n’est pas adaptée. Il faut savoir s’entourer de conseils compétents et ne pas hésiter à en changer si vous voyez que l’écoute n’est pas à la hauteur de vos attentes.

Catégories
Entrepreneuriat

S’amuser en travaillant…

Le résultat de mes investigations auprès d’une multitude d’entrepreneurs est sans appel : ils ont (presque) tous un point commun et ce point commun m’apparaît comme le secret de leur enthousiasme et de leur capacité d’adaptation :

Ils s’amusent ! 

J’en veux pour preuve ce chiffre : 88% des entrepreneurs se disent heureux dans leur vie professionnelle (source). C’est énorme ! Entendons-nous bien : je n’ai pas dit qu’ils étaient hilares à longueur de temps et qu’ils n’étaient jamais sérieux, encore moins qu’ils n’avaient aucun souci. D’ailleurs, plus de la moitié d’entre eux se disent néanmoins stressés.

Mais alors, comment faire en sorte que la joie prenne le dessus et conduise à votre épanouissement professionnel d’entrepreneur ?

Stéphane Ruellan a accepté de se prêter au jeu et réagit, au fil de l’article, à ce sujet qui lui tient à cœur.

À bientôt 54 ans, je suis plus que jamais un entrepreneur passionné. J’ai créé ma première entreprise, une agence de communication, en 2008. En 2015, afin de réaligner ma vie professionnelle avec mes aspirations personnelles, j’ai décidé de réorienter mes activités dans la création de tiers-lieux de travail et l’animation de communautés professionnelles. Ce tournant donne naissance à deux premiers lieux en 2016 : le centre de médecines douces éKilibre et l’espace de coworking Un bureau & plus. En 2020, j’ouvre un 3ème lieu, Le Rooftop de Viry, nouvel espace de coworking que je dote rapidement, en 2021, d’un organisme de formation certifié Qualiopi et dédié à l’accompagnement entrepreneurial. En 2024, je co-fonde avec un collectif d’entrepreneurs, l’association Entrepreneurs en évolution qui vise à promouvoir l’esprit d’entreprise et à accompagner à 360° les porteurs de projet. Ces différentes activités constituent les composantes d’une offre globale d’accompagnement que j’aime à présenter comme un écosystème propice au développement personnel et professionnel des entrepreneurs.

  • La ceinture blanche de l’entrepreneur épanoui

C’est d’une telle évidence qu’on a tendance à balayer la question d’un revers de main, et pourtant elle est fondamentale : pour devenir un entrepreneur épanoui, vous devez disposer des compétences nécessaires à l’exercice de votre métier. Mieux : vous vous y trouvez dans ce qu’on appelle votre zone de génie. Vous avez des facilités pour ce travail, il vous paraît facile et vous demande peu d’efforts : ce n’est pas une lutte perpétuelle. Non pas que vous n’ayez pas besoin d’y consacrer du temps et de l’énergie, mais la réflexion ou les actions requises coulent de source, viennent de manière fluide et naturelle.

Vous ne pouvez pas maîtriser votre métier à 100%, évidemment : nous avons toujours quelque chose à apprendre et c’est ce qui rend son exercice intéressant. Mais votre bagage vous permet de vous approprier les nouvelles notions ou techniques avec agilité, efficacité… et plaisir.

Évidence, pas si sûr…

J’ai croisé pas mal de personnes qui se sont lancé dans l’entrepreneuriat, la plupart du temps en tant qu’auto-entrepreneur (c’est tellement simple…) avec une micro-formation de quelques heures sur le métier qu’ils étaient censés maîtriser. C’est notamment assez fréquent pour des praticiens ou des coachs quasi auto-proclamés. Comment être crédible, comment éviter le syndrome de l’imposteur dans ce cas ? Partir dans l’entrepreneuriat sans être dans cette zone de génie est un non-sens qui virera à coup sûr au cauchemar pour vous et à la Bérézina pour votre entreprise.

  • La ceinture jaune de l’entrepreneur épanoui

Votre concept répond à un véritable besoin. C’est la condition pour que vous soyez à l’aise avec l’idée de le vendre à son juste prix et surtout, pour que des clients existent et soient prêts à l’acheter à ce prix.

Là encore, vous deviendrez un entrepreneur épanoui s vous trouvez des clients sans avoir à fournir un épuisant et continuel travail de prospection. Non pas que vous ne devrez pas mettre en place les bonnes stratégies pour vous faire connaître et pour communiquer, mais le taux de conversion devra être raisonnablement élevé. Vous connaîtrez alors le bonheur d’un prospect qui vous contacte de lui-même, parce qu’il vous a identifié comme un partenaire potentiel.

« Arrêtez d’être gentil, soyez vrai ! » Thomas d’Ansembourg

Dans mes premières années, mes trop nombreuses premières années, j’avais une posture qui faisait que je cherchais à « draguer » le client. À le convaincre, par des techniques de séduction artificielles, qu’il devait travailler avec moi. Cette posture est contreproductive car elle vous pousse à vendre au rabais et souvent à des clients compliqués à satisfaire car ils ne matchent pas à vos valeurs. J’ai depuis appris à être moi-même, à proposer des offres qui me ressemblent et, croyez-moi, cette cohérence est parfaite pour faire venir à vous votre client idéal sans avoir à « forcer » une vente.

  • La ceinture orange de l’entrepreneur épanoui

Encore une porte ouverte que j’enfonce allègrement : pour s’amuser en travaillant, il faut aimer son métier. Ce n’est pas tout de disposer des compétences requises et d’avoir validé l’existence d’un marché, pour en conclure qu’on va pouvoir gagner sa vie en l’exerçant : cela reviendrait à choisir une maison parce qu’elle dispose bien de 120 mètres carrés et d’un garage, alors que vous la détestez.

Si ce métier vous passionne réellement, vous allez transmettre votre passion, ce qui servira vos intérêts pécuniaires certes, mais aussi personnels :

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » Confucius

Deuxième effet induit et non des moindres : vous vous sentirez à votre place, aligné avec vos valeurs et fier de ce que vous faites.

  • La ceinture verte de l’entrepreneur épanoui

Vous amuser en entreprenant implique aussi d’aimer le risque et les défis et d’apprécier les responsabilités. Bref, d’aimer le métier d’entrepreneur.

Cela implique de ne pas rechigner à réaliser des tâches parfois ennuyeuses et répétitives, parce que vous savez pourquoi vous le faites : le plaisir prend le dessus sur les contraintes, qui deviennent accessoires.

Ah, le plaisir et la passion !

Oui, ce sont LES moteurs de l’entrepreneuriat comme de la vie d’ailleurs. On comprend vite que le métier de chef d’entreprise consiste à régler des problèmes, tous les jours, de nouveaux problèmes. Alors si on continue à les ressentir comme tels, on s’épuise vite et notre rôle d’entrepreneur perd tout son sens. Regardez-les comme des défis et vous verrez que 1/ ils seront beaucoup plus simples à résoudre et 2/ que vous en sortirez grandi, fier et heureux de les avoir relevés et donc plus confiant.

  • La ceinture bleue de l’entrepreneur épanoui

Pour vous amuser professionnellement, vous devez aussi prendre une décision philosophique : voir la vie du bon côté, adopter un état d’esprit positif et résilient, voir dans chaque crise une opportunité, profiter de joies simples : une bonne nouvelle, un échange sympathique, un espace de travail beau et agréable, un travail bien fait, une belle rencontre…

On en revient à l’état d’esprit, toujours très impactant sur la manière dont nous vivons les événements.

« Voir dans chaque crise une opportunité », que j’aime cette expression tellement inspirante !

Je m’attache à voir les choses comme cela chaque jour. Petite anecdote : il y a trois mois, ma principale collaboratrice m’annonce son départ de la société. Dans 3 semaines elle ne sera plus là. Catastrophe : elle représente plus d’un quart de l’effectif de la TPE que je dirige et elle est la seule à disposer de certaines compétences dans la structure… Pendant 1 journée, je broie du noir et m’apitoie sur mon sort. Et plus le 2ème jour, je me dis : « Et si c’était une opportunité ? » Cette collaboratrice était très compétente et investie mais n’était pas en phase avec les valeurs de la société (d’où son départ ?) et ne se positionnait pas sur le niveau stratégique que j’étais en droit d’attendre d’une personne disposant de son expérience. Résultat : 3 mois plus tard, j’ai une nouvelle collaboratrice qui me permet aujourd’hui d’aborder un virage stratégique qui nous ouvre à tous des perspectives jusqu’alors inespérées et que nous n’aurions probablement jamais pris ou pris trop tardivement sans cette crise.

  • La ceinture marron de l’entrepreneur épanoui

Lorsque les galères et les mauvaises nouvelles s’accumulent, pas facile pourtant de continuer à s’amuser… C’est là où, en tant qu’entrepreneur épanoui, vous allez faire un tour de passe-passe : vous penserez aux raisons pour lesquelles vous avez entrepris. Vous parviendrez à entretenir la flamme qui vous anime et à apprécier le chemin déjà parcouru. Vous donnerez du sens à votre parcours.

Vous ne serez pas arrivé, certes, mais vous avancerez dans la bonne direction, malgré les obstacles et les erreurs d’aiguillage. Et vous apprendrez encore ; vous ferez de nouvelles rencontres ; vous resterez curieux ; de nouvelles idées vous viendront. Alors vous vous remettrez en action, votre enthousiasme reprendra le dessus, votre énergie remontera et vous retrouverez ce plaisir de relever de nouveaux défis et de vous tourner vers l’avenir sereinement.

Le cercle vertueux de l’esprit d’entreprendre

Être confronté à l’environnement challengeant de l’entrepreneuriat fournit, au final, le carburant qui permet d’aller toujours plus loin. Pour ma part j’ai toujours vu mon parcours comme cela depuis que je suis entrepreneur. Je tente quelque chose et puis soit je réussis et j’augmente ma confiance en moi, soit je rate et j’en tire des leçons. Dans les deux cas, cela me procure de l’énergie que je réinvestis dans de nouveaux projets/défis. Cet état d’esprit m’a amené à réorienter complètement mes activités dans la création et l’animation de tiers-lieux en 2016 et à les développer progressivement depuis, malgré les nombreux aléas rencontrés. C’est cette posture qui m’a toujours aidé à avancer et à grandir.

  • La ceinture noire de l’entrepreneur épanoui

Une fois que vous vous sentirez à votre place, que vous aurez construit un espace sécurisé pour créer une entreprise qui vous ressemble, vous vous autoriserez peut-être à vous défaire du regard des autres et à sortir du cadre : vous gagnerez alors en confiance et deviendrez capable d’inventer des concepts ou des produits auxquels les autres n’osent même pas rêver. Vous retrouverez votre regard d’enfant et tout deviendra possible. C’est ce que nous dit Tim Brown, le CEO d’IDEO, dans une conférence TED Talk que je vous invite à découvrir (lien).

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Mark Twain

Le mot de la fin

J’avoue ne pas encore avoir atteint cette sagesse et ce détachement. Mais il me reste encore de belles années d’entrepreneuriat pour y parvenir !

Pour ma part, je n’ai pas encore percé le secret de la ceinture rouge de l’entrepreneur épanoui. Toutes vos idées seront étudiées avec attention !

Catégories
Entrepreneuriat

Optimisez la gestion de votre entreprise

Certains entrepreneurs me disent qu’ils ont eu de la chance lorsqu’ils cherchent à expliquer leur réussite. Mais quand je creuse avec eux la manière dont ils ont conduit leur projet, je constate qu’ils ont mis en place un système propice à leur succès. Leur idée a certes été le déclencheur, mais elle a rapidement été étayée par des recherches, une modélisation économique, une réflexion autour du timing, une validation des compétences requises… et une organisation bien huilée.

Trouver le bon rythme de travail

La littérature et les réseaux sociaux foisonnent de témoignages fabuleux autour de la semaine de 4 heures et de l’idée de gagner beaucoup d’argent en travaillant très peu, pour profiter à fond de cette société idéalisée du loisir. Je vous le dis comme je le pense : c’est une légende. Tout du moins, avant d’en arriver là, ceux qui prônent cette organisation ont passé des années à travailler à un rythme soutenu pour mettre en place un dispositif leur permettant de se libérer du temps. Et la plupart continue à travailler plus qu’ils ne le disent.

Il ressort des témoignages que j’ai récoltés un point commun quasiment unanime : les entrepreneurs ont un rythme de travail intense. Qu’on ne peut pas imaginer avant de l’avoir vécu soi-même. Ceux que j’ai rencontrés me parlent de 60 à 70 heures de travail par semaine. Soit l’équivalent de deux emplois salariés à temps plein. Si l’on ramène ce volume à 5 jours de travail par semaine, en imaginant qu’ils ne travaillent pas le week-end, on se situe entre 12 et 14 heures de travail par jour. Cela vous paraît absurde de se mettre à son compte pour travailler plus ?

Il existe pourtant des raisons parfaitement logiques qui expliquent ce phénomène :

  • Travailler pour soi est moins coûteux que de travailler pour un tiers : on sait pour qui et pourquoi on le fait.
  • Les entrepreneurs se prennent au jeu, ils prennent plaisir à concevoir, lancer, gérer leur activité. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’ils ont laissé entendre à leur entourage que la création de leur entreprise ne remettrait en rien en cause l’organisation familiale ou amicale : en réalité, cela va tout changer et c’est normal.
  • Les entrepreneurs se rendent compte très rapidement que pour qu’une activité décolle, il faut se mettre dans un état second, le flow : c’est de cette manière qu’on avance efficacement et sans effort, parce qu’une idée en amène une autre, dans un état quasi hypnotique.
  • Pour qu’elle décolle, votre entreprise doit faire partie de vos préoccupations principales : il existe un lien direct entre le temps que vous consacrez à une activité et l’importance que vous lui donnez. Ne commettez pas l’erreur de limiter votre investissement pour limiter vos pertes en cas d’échec. Quitte à vous lancer, faites-le à fond et laissez à vos actions le temps de porter leurs fruits, pour ne rien regretter : ne renoncez pas à une action si elle ne vous rapporte rien dans l’immédiat. Souvent, les résultats se mesurent à moyen voire à long terme. Enfin, gardez en tête que douter est sain, tandis que partir perdant est auto-réalisateur.
  • Une part significative des entrepreneurs ont pris des risques en créant leur entreprise et ne peuvent pas se permettre d’échouer. De ce fait, ils mettent toutes les chances de leur côté pour réussir : la prise de risque fait partie des moteurs de réussite les plus puissants.

Je n’ai pas de solution miracle pour tout faire tenir en 24 heures : il vous faudra faire des choix pour trouver un équilibre entre vos obligations et vos envies. Faites l’analyse de votre emploi du temps actuel et regardez ce qui peut être réduit, supprimé, modifié…

Conservez néanmoins des moments qui ne seront pas optimisés, durant lesquels votre esprit pourra vagabonder librement, contempler, s’émerveiller, se reposer, s’amuser… Vous n’êtes pas une machine !

Le fait de travailler autant d’heures que les entrepreneurs que je côtoie n’est évidemment pas une fin en soi : si vous êtes allé au bout des objectifs que vous vous étiez fixés pour la journée, la semaine, le mois… il n’y a aucune raison pour que vous fassiez du zèle inutilement. Dès lors que vos objectifs sont compatibles avec la pérennité de votre entreprise (et donc alignés avec votre modélisation économique), il n’y a aucune raison de les remettre en question.

Si vous souhaitez sincèrement mettre toutes les chances de votre côté, mais que vous craignez d’être submergé, c’est bon signe : vous êtes réaliste. Si vous n’êtes prêt à faire aucune concession, aucun changement pour créer votre entreprise, c’est un peu comme si vous vouliez vous mettre en couple avec quelqu’un sans changer aucune de vos habitudes de célibataire… C’est mal barré.

Organiser son travail

Vos deux meilleures amies s’appellent désormais : planification et priorisation. Ne les délaissez jamais, sans quoi elles pourraient vous trahir. Vous connaissez la maxime selon laquelle ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité ? Dans le cas d’un entrepreneur, les deux comptent autant l’une que l’autre : en plus de travailler beaucoup, vous allez devoir vous organiser pour que vos heures soient efficaces et productives. Outre la planification de vos tâches, vous devrez apprendre à les prioriser : celles qui sont urgentes devront être exécutées dans un délai contraint, tandis que celles qui ne le sont pas pourront être différées… dans une certaine limite. Car certaines tâches qui n’ont aucun caractère d’urgence sont néanmoins de la plus haute importance… Bref, vous allez vous arracher les cheveux ! Mais vous allez aimer ça 😉

Pour commencer, si vous n’avez pas encore lancé votre activité, vous avez une chance unique à saisir : anticipez tout ce qui peut l’être avant le lancement officiel. En effet, dès l’ouverture, vous serez le nez dans le guidon. Conclusion : il faut anticiper tout ce qui n’est pas de l’ordre de la gestion courante ! Je vous en donne quelques exemples : conditions générales de vente, règlement intérieur, contrat de vente, modèles de devis, modèles de facture – avec toutes les mentions légales ! –, paramétrage du logiciel de vente, de facturation et de comptabilité, outil de suivi de votre activité, création du site Internet et des comptes sur les réseaux sociaux, référencement… Cerise sur le gâteau : ces actions vous permettront d’identifier des incohérences éventuelles dans votre offre, votre grille tarifaire ou votre discours commercial.

Que vous soyez parti pour avoir de très longues journées ou des plus courtes, je vous recommande de planifier vos tâches de manière logique durant votre journée, votre semaine et votre mois :

  • Tenez compte de votre rythme naturel : si vous êtes du matin, commencez votre journée par les tâches qui vous demandent le plus d’effort ou de concentration et gardez les tâches plus basiques pour l’après-midi, celles que vous pouvez réaliser sans risque en mode automatique.
  • Tenez compte de votre environnement extérieur : si vous avez une boutique et que le gros du trafic est concentré entre 8h et 10h, consacrez-vous à vos clients durant ce créneau en prévoyant uniquement de petites tâches simples et courtes et planifiez les tâches les plus critiques à un autre horaire, voire durant vos heures de fermeture.
  • Tenez compte de votre niveau de forme et de motivation : si vous aviez prévu de repenser totalement votre site Internet cette semaine, mais que vous avez des insomnies depuis 3 jours, le moment n’est pas propice : anticipez d’autres tâches que vous aviez programmées dans les semaines à venir et qui vous sollicitent moins, et revenez à votre tâche stratégique lorsque vous serez en meilleure forme.

Cette organisation a l’avantage de positionner chaque type de tâche au moment le plus adapté et donc de les réaliser de la manière la plus naturelle et facile possible. Attention néanmoins à ne pas en faire un levier de procrastination : je n’ai pas envie de réaliser telle tâche alors je la prévois au pire moment de la journée, celui où je n’ai aucune motivation, donc elle me coûte encore plus, alors je pars du principe que je n’ai pas l’énergie à ce moment précis, je la reporte indéfiniment et ne la mène jamais à son terme…

Ce postulat de ne pas repousser sans fin les tâches qui ne vous plaisent pas, est un point fondamental : en tant qu’entrepreneur, vous aurez de nombreuses tâches obligatoires à réaliser, qui ne seront certainement pas votre cœur de métier. Pour ne pas laisser la colère, l’agacement, la lassitude ou le découragement vous envahir, il n’y a qu’une solution : partez du principe que ces tâches sont incontournables et que vous ne pourrez pas y couper. Évitez de reporter ces sujets et intégrez-les à votre planning sur des plages dédiées et régulières. Si vous avez la sensation qu’elles vous prennent trop de temps, prenez du recul et réfléchissez à la manière dont vous les réalisez pour savoir si vous disposez des bonnes méthodes pour les traiter : vous pourrez peut-être envisager des solutions alternatives pour les optimiser (sous-traitance, acquisition d’un outil…). Gardez également en tête que la réalisation d’une tâche est de plus en plus rapide, une fois que vous vous êtes approprié le sujet et que votre investissement initial porte ses fruits : votre courbe d’apprentissage sera d’autant plus rapide si vous y mettez de la bonne volonté, et si vous créez par exemple des fiches ou un mémo pour vous rappeler la démarche la fois suivante, sans avoir besoin de vous remémorer chaque étape de tête.

Suivre son activité avec rigueur

Les avis divergent sur ce point : certains suivent leur activité à l’euro près, d’autres jettent un œil aux comptes une fois par an, au moment du bilan. Je n’ai pas de religion en la matière, simplement je constate que ceux qui surveillent avec attention ces données ont des résultats plus florissants que les autres.

En effet, savoir où vous en êtes en matière de devis, facturation, chiffre d’affaires, marge, point mort, paiements, trésorerie, contrats, rotation de stock, pertes sur stock… sont autant de curseurs à votre disposition pour optimiser la performance de votre entreprise. L’argent n’est pas sale, il est la clé pour pérenniser votre entreprise : vous vous devez d’avoir une activité rentable pour qu’elle perdure.

Votre rigueur en la matière sera également perçue comme une démonstration de votre professionnalisme par vos interlocuteurs et vous évitera de passer à côté de certaines ventes, faute de réactivité : qui n’a pas fait appel à un autre artisan après avoir attendu un devis pendant des semaines d’un professionnel qui avait pourtant l’air très compétent ? Là encore, prévoyez des créneaux dédiés à ces tâches dans votre emploi du temps.

De la même manière, les contrats doivent faire l’objet d’un suivi rigoureux : oublier de renouveler ou au contraire de résilier un contrat peut vous coûter très cher. Étudiez dans le détail les conditions de reconduction, les préavis et échéances de chacun d’entre eux et mettez-vous des rappels directement sur votre calendrier pour n’en oublier aucun, que ce soit une assurance, une mutuelle, un contrat de prévoyance, les prestations d’expertise comptable, le leasing d’un véhicule, votre bail, votre contrat d’électricité, les contrats de travail… car il vous faudra anticiper vos démarches si vous souhaitez mettre fin à un contrat. La confiance n’excluant pas le contrôle, ne croyez jamais sur parole un partenaire qui vous assure à l’oral avoir bien pris en compte votre volonté de résilier votre contrat : confirmez tout cela dans les formes.

Ne vous sentez pas non plus entièrement protégé par un contrat. Au moment de sa signature, lisez-le avec attention (je sais, c’est pénible) pour vérifier en particulier son périmètre, les exclusions, les franchises, les périodes de carence et les pénalités qui s’appliquent : si le contrat n’est pas adapté à vos besoins, demandez à ce que certaines clauses soient modifiées ou refusez de le signer.

Si vous n’avez pas besoin de gagner d’argent avec votre entreprise, vous pouvez faire fi de ce suivi. Si vous avez besoin de cet argent, soyez cohérent et suivez ces chiffres et ces documents avec attention et régularité.

Garder le bon état d’esprit

Pourquoi votre état d’esprit est-il important pour optimiser la gestion de votre entreprise ? Parce que tout semble plus facile quand on l’aborde sous la bonne perspective ! Votre mental a un impact immense sur vos actions et sur la perception que les autres ont de vous.

Les Français sont mondialement connus pour être des râleurs invétérés. Ne tombez pas dans ce piège dans votre posture entrepreneuriale ! Cela reviendrait à tout voir en noir (et donc à vous démotiver vous-même) et à fatiguer vos interlocuteurs : personne n’a envie d’être le bureau des pleurs.

Une vigilance particulière doit être observée vis-à-vis de vos clients et partenaires : qui n’a pas déjà changé de crèmerie parce qu’il était systématiquement accueilli par un « Ah c’est pas facile en ce moment, la vie est dure… ». Choisissez la bonne humeur : vous aurez plus de chances d’en recevoir en retour et de vous mettre dans une dynamique positive et pleine d’énergie ! La loi de l’attraction, vous connaissez ? En résumé, cela veut dire que l’on récolte ce que l’on sème.

De la même manière, évitez de persifler et de critiquer les autres à tout bout de champ : vos interlocuteurs auraient le réflexe, même inconscient, de penser que vous faites de même vis-à-vis d’eux dès qu’ils ont le dos tourné. Vous généreriez de la méfiance et n’arriveriez pas à entretenir des relations authentiques et saines.

Si vous subissez des critiques, tournez la langue 7 fois dans votre bouche avant d’y répondre, surtout par écrit : les réactions impulsives pourraient vous porter préjudice. L’humour et le professionnalisme sont souvent une porte de sortie efficace.

Vous aurez certes besoin de vous épancher pour faire redescendre la pression, mais choisissez les bonnes personnes pour partager vos états d’âme et faites-le avec modération, sans théâtraliser ni surjouer. Vous pourrez bien sûr vous amuser à surenchérir dans des discussions sans fin entre entrepreneurs pour savoir qui a le plus de soucis et qui a le plus de raisons de se plaindre. En réalité, cela ne vous rendra pas plus intéressant et n’accroîtra pas votre valeur ou votre prestige. N’essayez pas non plus de partager avec tous ceux qui ne sont pas entrepreneurs chaque embûche de votre quotidien pour qu’enfin, ils sachent : ils ne vous écouteront pas, ne vous croiront pas ou vous encourageront à tout arrêter. Ils pourraient même jubiler : « Je te l’avais bien dit, que l’entrepreneuriat n’était pas fait pour toi. » Ne croyez pas non plus que vous êtes le seul à avoir des problèmes : tout le monde en a.

Enfin, sachez écouter lorsque quelqu’un vous confie ses problèmes : votre empathie créera des liens, surtout si vous évitez de rebondir systématiquement en parlant de vos propres cas de conscience. Vous vous surprendrez d’ailleurs en ces occasions à puiser des solutions dans vos expériences passées et donc à grandir dans votre posture entrepreneuriale. Le malheur et les galères ne sont pas des compétitions sportives, ils font juste partie de la vie : il faut réussir à les surmonter et à en tirer des leçons pour la suite.

En conclusion, être entrepreneur consiste à travailler, souvent beaucoup, de la manière la plus efficace possible, non pas pour se flageller ou pour pouvoir s’en plaindre ensuite, mais pour attiser la flamme qui brûle en soi et pour atteindre les objectifs qu’on s’est fixés. C’est ainsi que s’ouvrent les portes de la réussite.

Exercice de visualisation

Après la lecture de cet article, imaginez que votre entreprise est en activité (si ce n’est pas déjà le cas) et formalisez dans un tableau votre emploi du temps sur un mois, semaine par semaine, heure par heure, en intégrant toutes les tâches à réaliser, en gardant au moins ½ journée par semaine pour les imprévus et ce que vous aurez oublié.

Regardez à quoi ressemble votre emploi du temps : pensez-vous que ce rythme soit objectivement tenable dans la durée ? Si ce n’est pas le cas, il faut revoir votre organisation. Il y a notamment un levier que je n’ai pas abordé, à savoir l’automatisation de certaines tâches… Sujet à étudier !

Évidemment, il y aura des coups de bourre. Mais si la seule théorie dépasse vos capacités, ce n’est pas le bon chemin. Si au contraire, la perspective du travail à venir vous enthousiasme, foncez !

Catégories
Entrepreneuriat

10 bonnes raisons de se lancer

Mon objectif n’est ni de vous pousser à tout prix à entreprendre, ni de vous en dissuader, mais de vous aider à évaluer la viabilité de votre projet. Pour cela, je vais revenir en détail sur les 10 bonnes raisons de vous lancer.

1. Vous avez une idée qui vous donne des ailes, vous y croyez à fond

C’est une très bonne nouvelle, cette énergie et cette motivation vous permettront de dépasser les obstacles que vous rencontrerez en chemin. Votre idée initiale vous aidera à définir votre vision et votre mission, indispensables pour fixer votre cap et pour communiquer avec conviction à propos de votre projet.

Reste à savoir si vous avez réellement challengé cette idée…

  • Assurez-vous que votre idée pourra rester votre compagne de route dans la durée : méfiez-vous des effets de mode et des idées dont vous risquez de vous lasser très vite.
  • Votre idée n’a pas besoin d’être révolutionnaire : le fait qu’elle ait déjà été mise en œuvre par d’autres peut même vous faciliter la tâche. L’existence d’un précédent peut néanmoins s’avérer rédhibitoire dans quelques cas précis : vous basiez tout votre concept sur son aspect novateur, l’idée est brevetée, le marché est totalement saturé, les barrières à l’entrée sont devenues trop importantes pour accéder au marché…
  • Validez que votre idée répond à une réelle attente, actuelle ou future.

2. Vous ne supportez plus la hiérarchie et les contraintes, vous rêvez de liberté

C’est souvent cette soif de liberté qui constitue le déclic. Créer son entreprise, ce n’est pourtant pas s’abstraire de toute contrainte et de toute pression et faire exactement ce que l’on veut, quand on le veut.

N’oubliez pas de prendre en considération certaines facettes de ce nouveau statut :

  • Vous êtes responsable de votre rémunération.
  • Vous êtes responsable de la réputation de votre entreprise.
  • Vous êtes responsable de la conformité aux lois, réglementations et taxes de votre entreprise.

Gagner en liberté en créant son entreprise est une réalité, si l’on considère la capacité accrue à réaliser ses propres choix. Il n’en reste pas moins que les obligations d’un chef d’entreprise sont nombreuses. En être pleinement conscient avant de se lancer revient à l’accepter et donc à mieux le vivre, une fois qu’on y est confronté.

3. Vous êtes travailleur et persévérant, vous allez jusqu’au bout, vous êtes capable de vous projeter dans un marathon

Travailler pour soi consiste à devenir un homme-orchestre. Vous avez toujours été bosseur, ça ne vous fait pas peur ? Tant mieux.

Vous devrez gérer votre énergie pour anticiper les étapes qui s’annoncent :

  • Après l’euphorie de l’avant-projet, le démarrage officiel de votre activité sera une étape clé, durant laquelle vous serez confronté à la réalité de votre marché. L’idée est de ne pas arriver épuisé à cette étape.
  • La gestion quotidienne d’une entreprise est une course de fond, qui doit être menée avec rigueur et passion. Deux mots qu’on a tendance à opposer et qui sont pourtant tous deux essentiels dans la bonne gestion d’une entreprise.
  • Votre vie personnelle ne pourra pas rester entre parenthèses durant toute la vie de votre entreprise : mettez en place avant même le lancement de votre activité les garde-fous nécessaires. N’oubliez pas non plus les éléments indispensables à une bonne hygiène de vie dans la durée.
  • Si vous faites partie, comme moi, des personnalités adeptes du mode projet, vous allez inévitablement commencer à vous ennuyer dans la gestion quotidienne de votre entreprise : une fois que le projet sera sur les rails, la frénésie redescendra. Votre challenge consistera alors à vous créer de nouveaux défis.

Trouver le bon rythme dans sa vie d’entrepreneur n’est pas simple et les étapes de la vie d’une entreprise induisent des temps forts et des temps plus calmes. Il va sans dire que vous serez également soumis à des « surprises » totalement indépendantes de votre volonté.

4. Vous disposez de compétences reconnues

S’il y a bien un point sur lequel vous ne pourrez pas faire l’impasse, ce sont des compétences. Faites l’exercice de dresser un bilan des vôtres, qu’elles soient des savoir-faire ou des savoir-être. Comparez-les à celles qui seront requises dans votre futur métier et en tant que chef d’entreprise pour identifier celles qui vous manquent. Vous pourrez alors réfléchir à la meilleure manière de combler ces lacunes : vous former, acquérir une expérience avant de vous lancer, externaliser certaines tâches…

Sachez que votre capacité à démontrer vos compétences sera essentielle pour :

  • Être soutenu par votre entourage.
  • Convaincre une banque de vous prêter de l’argent.
  • Obtenir un prêt d’honneur ou une subvention.
  • Rassurer vos premiers clients.
  • Amener des fournisseurs à travailler avec vous dans de bonnes conditions (prix, modalités de paiement, qualité, délais).
  • Vous sentir légitime.
  • Ne pas discréditer votre profession.
  • Assurer la viabilité de votre projet… 😉

Quelle que soit votre stratégie, ce sujet doit être au cœur de vos préoccupations durant la création de votre entreprise.

5. Vous êtes ouvert, sociable et aimez intégrer de nouveaux écosystèmes

Vous aimez rencontrer de nouvelles personnes, vous êtes curieux de nature ? Bonne nouvelle, car la création d’une entreprise induit de sortir de sa coquille.

Au-delà des relations nécessaires à votre activité, vous constaterez rapidement que la création d’une entreprise vous ouvre les portes d’un monde jusqu’ici inconnu : l’écosystème économique. Tout à coup, vous découvrirez l’existence d’associations professionnelles, de clubs, d’apéros pitchs, de conférences, de webinaires…

Lors de la construction de votre réseau, gardez en tête que les réseaux physiques et virtuels sont complémentaires et peuvent difficilement s’utiliser isolément, car ils ne répondent pas aux mêmes besoins :

  • Les réseaux physiques revêtent une forte dimension humaine et conviviale et sont basés sur les rencontres fortuites et la solidarité.
  • Les réseaux virtuels sont plus stratèges et intéressés, mais parfois aussi salutaires pour accéder à certaines informations, élargir son réseau et donner de l’ampleur à son projet.

Bref, ne choisissez pas entre les deux, mais focalisez votre énergie sur ce qui vous est agréable et utile !

6. Vous avez une sécurité financière

Vous avez une épargne ou des ressources financières : félicitations ! Vous avez gagné le droit de créer votre entreprise.

C’est très injuste et cela implique que les catégories les plus modestes ne peuvent pas (vraiment) créer leur entreprise. Mais c’est une réalité, et il ne faut surtout pas imaginer le contraire, au risque de vous retrouver dans une situation particulièrement délicate. Quelle que soit l’entreprise que vous souhaitez créer, sachez que vous allez passer quelques mois (minimum) sans revenus.

Commencez par estimer vos réels besoins financiers pour savoir si votre assise est suffisante : 

  • Quelles sont vos dépenses mensuelles ?
  • Avez-vous la possibilité de réduire ces charges d’ici le lancement de votre projet ?
  • À quoi êtes-vous prêt à renoncer pour ce projet ?

Une fois cette base minimale fixée, vous aurez besoin de travailler sur votre modélisation économique pour anticiper les investissements, le besoin en fonds de roulement et la rémunération théorique que vous pourrez envisager de vous verser (et à partir de quelle date), sans oublier de considérer la période de préparation du projet — avant le lancement de l’activité.

7. Vous êtes soutenu par votre entourage

Dans beaucoup de familles, l’entrepreneuriat n’est pas courant et peut susciter des craintes, d’ailleurs justifiées : créer une entreprise constitue une prise de risque.

Il est important de faire la part des choses entre les objections réelles et les objections de principe :

  • Les objections réelles sont des arguments factuels qui lèvent de vrais points à traiter pour rendre le projet viable : ces objections, bien sûr, il faut les écouter et en tenir compte.
  • Les objections de principe sont des réponses réflexe induites par des croyances : « Toi, patron ?? », « Tu vas lâcher ton poste de cadre pour faire ça ? »…

Pour faire la différence entre les deux catégories, je vous invite à demander des exemples factuels et à analyser si les mêmes objections reviennent de manière récurrente de plusieurs sources différentes, auquel cas vous pourrez considérer qu’elles sont valables et doivent être traitées.

Votre projet va prendre une place significative dans votre vie, et ceci pour un bon bout de temps, et il impactera la cellule familiale d’un point de vue organisationnel et financier. De ce fait, vous pouvez difficilement prendre une telle décision seul et je vous invite à trouver un terrain d’entente au moins avec votre cercle proche, au risque de tout faire exploser au premier obstacle.

8. Vous êtes organisé et ne rechignez pas à assumer des tâches rébarbatives

Vous êtes la reine du tableur Excel ? Le roi des to do lists ? C’est un bon début, car il va falloir mettre en place une organisation au cordeau pour réussir à faire rentrer toutes vos tâches dans votre agenda.

Voici quelques conseils pour ne pas vous épuiser :

  • Évitez les listes à la Prévert qui contiennent pêle-mêle et sans priorisation toutes vos tâches.
  • Planifiez des temps dédiés à la réalisation des tâches récurrentes et en particulier celles que vous aimez le moins et tenez-vous-en au programme, interdiction de reporter ! Spoiler : il n’y a pas de petite fée qui travaillera à votre place pendant la nuit.
  • Gérez spécifiquement les tâches les plus pénibles : décortiquez votre façon de les gérer pour envisager des optimisations ; changez votre regard sur ces tâches en vous créant des challenges et en vous félicitant d’avoir été au bout de votre démarche sans râler — ou si peu.
  • N’imaginez pas prendre des stagiaires ou des collaborateurs pour gérer (uniquement) les tâches les plus rébarbatives : ils ne sont plus corvéables à merci ! Vous devrez vous y coller au moins en partie, ne serait-ce que pour montrer l’exemple (et savoir le faire en cas de départ précipité).
  • Les tâches que vous préférez pourront être positionnées aux moments où votre énergie est la plus basse, car votre motivation saura vous porter.
  • Prenez un temps court de manière régulière pour constater l’ampleur de ce que vous avez réalisé.

9. Vous sentez que les planètes sont alignées, extérieurement mais aussi intérieurement

Vous avez l’intime conviction que votre projet respecte vos valeurs et votre vision du monde, vous sentez que c’est le bon moment, vous vous sentez parfaitement aligné. Alors il faut vous lancer !

J’ai ressenti ce sentiment viscéral au moment où j’ai commencé à imaginer mon futur espace de coworking : j’avais l’impression d’une évidence. Je n’ai jamais vraiment douté. Pourtant, j’ai reçu de nombreuses mises en garde.

Quand j’ai rencontré des pairs qui avaient eux-mêmes ouverts des espaces de coworking, la plupart m’ont réservé un très bon accueil et m’ont considérée comme une future collègue plus que comme une concurrente. Pour autant, deux de mes interlocuteurs ont clairement tenté de me dissuader de me lancer. L’un m’a dit que le marché n’était pas mature et que je n’arriverais jamais à remplir un espace de 230m2 — mon espace a été rempli moins de 6 mois après son ouverture et je l’ai agrandi 3 ans après. L’autre m’a expliqué que jamais je ne parviendrais à ouvrir un lieu en moins de 18 mois — 9 mois plus tard, le lieu ouvrait ses portes.

Je ne me suis jamais découragée, même lorsque j’ai créé mon site Internet et lancé une page Facebook sur lesquels le trafic était nul, puis très petit, puis toujours très petit. J’ai persévéré, semaine après semaine, mois après mois, et ça a fini par prendre.

Ne laissez personne vous dire que vous n’y arriverez pas si tout résonne harmonieusement en vous.

Attention ! Je ne vous parle pas de pensée magique, mais d’un projet solide porté par des intuitions, consolidé par des actes et conforté par des chiffres. Si tout concorde, parfait. S’il existe des zones d’ombre, traitez-les et ne fermez pas les yeux.

10. Vous avez un état d’esprit positif et vous acceptez le principe de risque

On dit de vous que vous voyez toujours le verre à moitié plein : vous êtes fait pour l’entrepreneuriat ! Il va vous en falloir, de la bonne humeur, du recul et de l’autodérision pour résister au marasme ambiant, aux diseurs de mauvaise aventure et aux déboires que vous rencontrerez en chemin. Mais je peux vous assurer que votre façon de voir les choses jouera un rôle majeur dans votre moral et votre capacité à rebondir.

Personnellement, j’ai subi mon premier revers alors que mon espace de coworking n’était ouvert que depuis trois jours. Il a été cambriolé. Je vous passe les détails, mais c’était assez compliqué de gérer un tel événement avec de tout nouveaux clients, même si le lieu avait été sécurisé dans les règles de l’art.

Je l’ai évidemment vécu comme un gros coup dur sur le moment. Mais avec le recul, cet incident a soudé la communauté et développé une grande loyauté et une belle connivence entre mes clients et moi. Même si ce moment a été désagréable, je pense qu’il a constitué un jalon positif pour la suite de l’aventure.

En conclusion, si vous baissez les bras au premier obstacle, je peux vous le dire dès aujourd’hui : votre entreprise ne fera pas long feu. Ces épreuves viennent tester votre pugnacité et votre persévérance. Elles sont intrinsèques à tout projet entrepreneurial. Ne les vivez pas comme des événements qui vous cibleraient personnellement, qui seraient des messages de l’univers vous invitant à renoncer ou qui indiqueraient que vous n’avez pas de chance, que le sort s’acharne contre vous ou qu’on vous en veut. Ces épreuves seront là uniquement pour vous rappeler que vous faites désormais partie de la grande famille des entrepreneurs, pour le meilleur et pour le pire.

Synthèse des 10 bonnes raisons de se lancer

  1. Vous avez une idée qui vous donne des ailes, vous y croyez à fond
  2. Vous ne supportez plus la hiérarchie et les contraintes, vous rêvez de liberté
  3. Vous êtes travailleur et persévérant, vous allez jusqu’au bout, vous êtes capable de vous projeter dans un marathon
  4. Vous disposez de compétences reconnues
  5. Vous êtes de nature curieuse et ouverte, vous êtes sociable et aimez rencontrer de nouvelles personnes, intégrer de nouveaux écosystèmes
  6. Vous avez une sécurité financière qui vous permet de ne pas toucher de rémunération pendant plusieurs mois
  7. Vous êtes soutenu(e) par votre entourage
  8. Vous êtes organisé(e) et ne rechignez pas à assumer des tâches rébarbatives
  9. Vous sentez que les planètes sont alignées, extérieurement mais aussi intérieurement : votre projet respecte vos valeurs et votre vision du monde
  10. Vous avez un état d’esprit positif et vous acceptez le principe de risque

Ça y est, vous avez parcouru les 10 bonnes raisons de se lancer dans l’entrepreneuriat.
Alors, vous vous sentez l’âme d’un entrepreneur ?

Catégories
Uncategorized

Note de lecture : Éloge de la perspective, Jacques de Courson

Quatrième de couverture :

Comment anticiper sur ce qui vient et dont personne ne sait rien ? Est-ce si important de savoir, ou au moins d’essayer de savoir, quelque chose en cette matière ? En quoi consiste la prospective, la discipline intellectuelle qui s’intéresse au futur ? Est-elle l’inverse de l’histoire qui ne se soucie que du passé ? Peut-on se passer de penser le futur ?La prospective demeure pour l’opinion non avertie une discipline peu sérieuse : ce livre nourri d’expérience montre que la prospective est une discipline de l’intelligence du futur, ce qui la différencie de la stratégie, cet engagement dans le temps pour réaliser un projet.

La prospective demeure pour l’opinion non avertie une discipline peu sérieuse : ce livre nourri d’expérience montre que la prospective est une discipline de l’intelligence du futur, ce qui la différencie de la stratégie, cet engagement dans le temps pour réaliser un projet.

Note de lecture :

Plutôt que de nous asséner des prédictions de son cru, l’auteur aborde la prospective sous un angle qui se veut méthodique. Il entend ainsi permettre au lecteur de s’autonomiser dans son approche prospective, à la fois pour se libérer de son angoisse existentielle et pour acquérir une forme de liberté, voire pour infléchir l’avenir, avec plus ou moins d’ambition :

« On n’a pas à accepter le monde tel qu’il est. On peut le refaire tel qu’il devrait être. », citation de Nelson Mandela (page 62)

« Il s’agit de trouver ce qui n’existe pas mais adviendra de toute façon, d’entrouvrir la porte étroite entre le bon sens et l’invraisemblable, entre la logique de la raison et l’imagination du rêve, entre la science et l’émotion. » (page 19)

Alternant précisions sémantiques, expériences personnelles et professionnelles et réflexions issues du monde politique, scientifique ou encore artistique, Jacques de Courson oriente le lecteur vers des investigations potentiellement infinies, au gré d’un plan en sept chapitres qui chemine du concept vers la pratique. Il rappelle assez vite ce qui est ici entendu par « prospective » : « le « prospectiviste » dit ce qui pourrait arriver, propose plusieurs « scénarios » et les « itinéraires » correspondants, les « ruptures » éventuelles et les pistes à explorer pour construire le futur. Il ne décide rien ; il éclaire ; il dit le possible. Il permet « L’anticipation au service de l’action » (slogan de la revue « Futuribles »). » (page 40)

Mettons de côté les principaux reproches que l’on pourrait adresser à l’auteur et à son éditeur, à savoir de (nombreuses) fautes et redondances et le discrédit jeté par principe sur certains courants de pensée (appelés dans l’ouvrage les « prophètes de malheur (…) cultivant la médiocrité d’une pensée pauvre » et les « prophètes fatigués qui répètent en boucle le même refrain depuis des lustres : il faut « arrêter la croissance » ») pourtant propres à enrichir des travaux de prospective s’ils se veulent objectifs. Enfin, la fatuité dans les propos, parée d’un voile de fausse modestie, rappelle à certains égards les personnages de Molière les plus désopilants.

Mais revenons à l’essentiel, à savoir à ce que ce manuscrit apporte à son lecteur.

En premier lieu, il propose des citations inspirantes :

« Quelque fois l’avenir habite en nous sans que nous le sachions, et nos paroles qui croient mentir dessinent une réalité prochaine. », citation de Marcel Proust (page 138)

« La première catégorie de la conscience historique, ce n’est pas le souvenir, c’est l’annonce, l’attente, la promesse. », citation de Jean d’Ormesson (page 141)

« L’objet de la prospective est non pas de définir l’avenir probable mais peut-être même d’aller plus loin : tâcher de rendre probable l’avenir souhaitable. », citation de Jacques de Bourbon-Busset (page 165)

« Je crains qu’ici et ailleurs, nous nous entêtions à sacrifier l’avenir au présent. », citation de Nicolas Hulot (page 187)

L’essentiel de la thèse soutenue ici tient à disqualifier le déterminisme et à pousser à une mobilisation qui orienterait l’avenir de l’humanité dans la bonne direction, sans céder aux sirènes des collapsologues et de son fatalisme sous-jacent.

En second lieu, les acteurs de la prospective contemporaine nourrissent le propos, parfois avec humour ou provocation, depuis le père fondateur de la discipline Gaston Berger, en passant par Jacques Poulet-Mathis, Fabienne Goux-Baudiment ou encore Philippe Cahen :

« Regarder l’avenir lointain n’est pas rêver et attendre. C’est faire tout de suite ce qui est en notre pouvoir pour le préparer. », citation de Gaston Berger (page 125)

« Le futur n’est plus ce qu’il était », citation de Jacques Poulet-Mathis (page 77)

« L’actualité nous démontre qu’il est plus que temps (…) de promouvoir la responsabilité, la mesure, la coordination et l’anticipation comme leviers de changement plutôt que la peur de l’avenir. », citation de Fabienne Goux-Baudiment (LinkedIn, 10/03/2020)

« Et si dans quelques années les années Covid auront été les années de la transition souhaitable ? », citation de Philippe Cahen (Twitter, 03/07/2022)

On retrouve dans leurs propos une volonté de prise de contrôle du futur, mais aussi un doute fondateur qui rappelle le célèbre « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » de Socrate. Il est par ailleurs intéressant de noter que beaucoup font référence à des œuvres de science-fiction dans leurs écrits.

L’auteur fait un constat marquant qui, à lui seul, justifie que l’on octroie instamment une place de choix à la prospective dans le débat public : « Nous manquons gravement, comme à aucune autre période de l’histoire française récente, de « grands récits » (…). Depuis la fin des « Trente Glorieuses » (…) et des soubresauts de l’utopie « mai 68 » plus rien, sauf quelques proclamations anarcho-libertaires bien françaises (…). » (page 137)

Enfin, les défauts de ce livre se muent en qualités lorsqu’ils poussent le lecteur à conserver un recul critique face à ce qui est énoncé, lui permettant ainsi d’atteindre l’objectif annoncé de l’auteur : amener tout un chacun à réfléchir, à s’emparer de l’avenir et à l’anticiper, à « attirer le futur souhaité et possible vers nous ». (page 76)

Gageons que Jacques de Courson suscitera des vocations, à tout le moins pour réapprendre à douter et à s’interroger :

« De deux choses l’une, et c’est toujours une troisième qui survient. », citation de Claude Lévi-Strauss (page 72)

Jacques DE COURSON – Éloge de la prospective, Point d’étape de travaux de prospective depuis cinquante années, en France et dans le monde – L’Harmattan – 2020 – 221 pages

Catégories
Pour ceux qui ont déjà lu le roman Pour les futurs lecteurs

La cuisine de Tyarah

Originaire d’Afrique du Sud, Tyarah est l’un des personnages clés de La douceur angevine. Elle amène sa culture et sa vision du monde, apportant une ouverture sur un ailleurs. Au fil du roman, elle partage beaucoup d’elle-même avec Olivia, Sylvestre, Mélissa… et chacun des personnages, et notamment sa cuisine.

Je vous propose ici une recette du Bobotie, que j’ai réalisé pour ma part en suivant celle de Quitoque, que je vous recommande et vous partage ici :

Cette recette n’est pas technique, mais sa réalisation est un peu longue (compter 1 heure). Il suffit donc de s’y prendre à l’avance.

Ce que j’ai particulièrement aimé : l’équilibre entre les goûts salés et sucrés et entre la salade rafraîchissante et le gratin réconfortant.

Astuce n°1 : hors saison, la nectarine peut être remplacée par un autre fruit, dès lors qu’il est doux et sucré. Exemples : banane, mangue…

Astuce n°2 : personnellement, je « lève les suprêmes » du citron (mots savants pour dire que je ne garde que l’intérieur des quartiers sans la peau et le blanc), que je trouve sinon peu agréables à manger dans une salade.

Cela vous donne envie ? Alors réalisez votre propre Bobotie et partagez vos photos avec moi (la photo de couverture de cet article est un plat fait maison par moi-même – comme vous le voyez, je n’en suis pas peu fière) !

Vous pouvez aussi tenter la recette du Bredie, un ragoût de la gastronomie sud-africaine dont vous me direz des nouvelles…

Pour rappel, aucun de mes textes ou articles n’est sponsorisé ou réalisé en partenariat avec une marque, je ne gagne pas d’argent ou d’avantage en faisant la promotion de quoi que ce soit.

Catégories
Pour ceux qui ont déjà lu le roman

Idées culturelles

Dans le roman, j’évoque des références à de nombreuses oeuvres : des livres, des chansons, des films… À quelques rares exceptions près (que vous avez probablement identifié rapidement), ce sont des repères qui ont jalonné ma vie et la construction de mes réflexions. Je me suis dit que j’allais vous suggérer les meilleures (selon moi, donc nous ne serons peut-être pas d’accords !).

Côté littérature, je pense en particulier à Malevil de Robert Merle, qui nous immerge dans un univers post-apocalyptique suffisamment contemporain pour s’y croire vraiment. Plus récemment, La constallation du chien de Peter Heller m’y a fait penser, de par son thème mais aussi son rythme d’écriture, à la fois contemplatif et haletant. 

Dans un tout autre style, Un été dans l’ouest de Philippe Labro, est le roman initiatique d’un jeune français parti passer l’été dans le Grand Ouest américain (attention, c’est la suite de L’étudiant étranger). 

Aux antipodes de ces romans contemporains, la magnifique saga Les annales du Disque-Monde de Terry Pratchett ravira les amateurs de fantasy burlesque. Ne passez surtout pas à côté des notes de bas de page qui sont souvent hilarantes. 

Et bien évidemment, Paroles de Jacques Prévert, qui est un peu la colonne vertébrale de mon roman : un recueil de poèmes très accessibles, alternant émotion et humour.

Côté musique, tout dépend de votre humeur du moment. 

Pour une ambiance tout en douceur, je ne peux que vous suggérer Guantanamera de Compay Segundo, Tout simplement de Bibie ou The fields of joy de Lenny Kravitz. 

Si vous voulez que ça bouge un peu plus, optez pour I gotta feeling des Black Eyed Peas ou Tout le bonheur du monde de Sinsemilia. 

Et si vous voulez vous amuser, il y a aussi La banane de Philippe Katerine ou encore Bécassine is my cousin de Chantal Goya (mais là, c’est du non garanti, non remboursé).

Enfin, côté cinéma, je ne peux que vous conseiller de vous prendre un petit shoot de vieux dessins animés Disney pour retomber en enfance (Les Aristochats ou Les 101 Dalmatiens par exemple), de revoir La cité de la peur pour le plaisir de connaître toutes les répliques par coeur (si ce n’est pas encore le cas, honte à vous) ou encore de regarder Ensemble, c’est tout, le film de Claude Berri tiré du roman d’Anna Gavalda (au fait, je vous avais dit qu’elle avait été ma prof au collège ?).

Les débats sont ouverts…

Catégories
Pour les futurs lecteurs

Les thématiques du livre

Pour tout vous dire, c’est cette période mouvementée et plutôt anxiogène qui m’a donné envie de publier mon roman sans attendre. Parce que dans La douceur angevine, vous trouverez des histoires qui font du bien. Qui parlent d’amour, d’amitié, de liens forts, d’instants suspendus, de petits bonheurs du quotidien, de découvertes, d’aventures professionnelles, de cheminements personnels, de poésie… 

Pour autant, je ne voudrais pas faire de publicité mensongère : ce n’est pas un roman « feel good » où tout le monde est gentil et où tout se passe toujours bien. Les personnages sont confrontés à des épreuves, parfois terribles, mais… sans vous en dire trop, ils les affrontent et font preuve d’une bonne dose de résilience et de solidarité. Bref, c’est un roman qu’il fait bon lire au coin du feu… ou sur un transat.

Catégories
Pour les futurs lecteurs

Pourquoi un épisode à Dublin ?

Je voulais revenir sur l’une des étapes de ce livre, qui se passe assez loin de l’Anjou, en Irlande. Si j’en parle, c’est parce que je suis tombée amoureuse de Dublin lors de mes années estudiantines. 

En effet, en 2001, j’y suis partie pour un semestre d’études, au sein de la DCU (Dublin City University). Malgré mes 3 années précédentes passées en école de commerce, je n’étais encore jamais autant sortie : j’ai visité un nombre de pubs et de bars à vins absolument incroyable, j’ai été de tous les concerts et de toutes les soirées. 

Je me suis retrouvée en coloc’ avec un melting-pot culturel improbable, tantôt avec des Chinois, un Tchèque et un Espagnol, tantôt avec une Canadienne et une Irlandaise. 

J’ai vadrouillé un peu partout sur l’île, avec mes nouveaux amis Guillaume, Fanny et Pilou notamment (ils le sont restés depuis !), à la découverte de la côte Est et de Wicklow, Howth ou encore Cork…, de la côte Ouest dans la région du Ring of Kerry, du Connemara, des falaises de Moher… et enfin de l’Irlande du Nord, avec sa chaussée des géants et ses distilleries de whisky.

Toutes ces activités ne m’ont pas empêchée d’obtenir mon trimestre haut la main, avec une mention en littérature irlandaise. C’est à cette occasion que j’ai découvert de nombreux contes et légendes sur le « petit peuple », un univers fabuleux, qui me fait encore rêver aujourd’hui durant mes balades en forêt de Rambouillet. Avec mon fils, nous sommes toujours à la recherche des maisons des lutins. Nous nous en approchons discrètement pour ne pas les déranger ou abîmer leur demeure (la photo jointe a été prise durant l’une de nos escapades). 

Je me suis sentie tellement bien dans la capitale irlandaise que j’ai décidé de prolonger mon séjour : j’ai enchaîné avec un stage dans un cabinet d’avocats dirigé par deux associés totalement loufoques. L’un circulait au volant d’une Rolls Royce qu’il me demandait parfois de garer quand il était en retard à une audience (!!), et l’autre avait érigé un autel bouddhiste au milieu de la salle d’attente. 

Cette année en Irlande est l’une des périodes les plus libres et enthousiasmantes de ma vie, c’est pourquoi j’ai voulu en faire l’une des étapes de ce roman. J’espère que cela vous donnera envie de partir à sa rencontre si ce n’est pas déjà fait.

Catégories
Pour les futurs lecteurs

Pourquoi ce titre ?

Oui, pourquoi « La douceur angevine » ?

C’est un hommage à la région dans laquelle j’ai passé 5 ans durant mes études, à la fin des années 90 et au début des années 2000. Angers fait partie de mes villes de coeur. 

Une grande partie de l’intrigue se déroule en son sein et dans les villages environnants. Vous y retrouverez ces magnifiques terres d’Anjou : sa campagne agricole et viticole, ses carrières d’ardoise, ses paysages, ses cours d’eau et ses saisons. Au fil des pérégrinations des personnages, vous serez aussi entraînés à la découverte des bords de Loire et de l’arrière-pays, jusqu’à la côte atlantique.

Petite info culture : Joachim du Bellay pourrait être le père de l’expression de « douceur angevine », puisqu’il l’utilisait déjà au 16ème siècle dans son poème « Heureux qui comme Ulysse… » dont vous trouverez le texte complet ici.

Cette expression reste souvent utilisée aujourd’hui, pour évoquer à la fois le climat et l’ambiance de cette région chaleureuse. 

J’aimais aussi ce titre, car derrière la douceur, se cache souvent… ahahaha, vous verrez bien en le lisant !